Dr. Marc BühlerCommuniqué gracieusement fourni par Juan Carlos Baiges par l’intermédiaire d’Internaf et FAPG.
Sommaire pour BabelFAmily par Nathalie Kourimsky
4 mai 2010 – Des chercheurs de l’Institut Friedrich Miescher de recherche biomédicale (FMI, rattaché à la Fondation Novartis pour la recherche) ont disséqué l’un des mécanismes moléculaires responsable de l’ataxie de Friedreich. Leur réussite a permis d’en savoir plus sur le mécanisme pathogénique de la maladie. Leurs découvertes pourraient permettre le développement de nouvelles approches thérapeutiques pour cette maladie, jusqu’à présent incurable. Les résultats de l’étude ont été récemment publiés dans le journal EMBO Molecular Medicine.
Alors que le gène défectueux responsable de l’ataxie de Friedreich a été identifié il y a plus de 20 ans (*), nos connaissances concernant le rôle de ce gène dans la maladie se limitaient principalement à des spéculations. D’avis commun on supposait que, suite à la mutation, la retranscription du gène était devenue impossible car ce segment d’ADN était devenu inaccessible. Marc Bühler, le chef de groupe de FMI et son équipe ont réalisé des expériences démontrant que ce n’est pas le cas et ont révélé le processus réel du mécanisme de l’ataxie de Friedreich.
L’ataxie de Friedreich est due à une déficience de la protéine frataxine. La frataxine est essentielle au métabolisme du fer au niveau des mitochondries – les organismes cellulaires responsables de la production d’énergie. Par conséquent, les mitochondries jouent un rôle particulièrement important dans les cellules nécessitant un apport énergétique important comme les cellules nerveuses ou des muscles cardiaques. C’est pourquoi il n’est pas surprenant que ces cellules sont particulièrement touchées chez les personnes atteintes d’ataxie de Friedreich : celles-ci subissent une dégénération des neurones sensoriels importants et des faisceaux spinocérébelleux, mais développent également des cardiopathies.
Chez les patients atteints d’ataxie de Friedreich, une séquence de nucléotides au niveau du codage génétique de la frataxine est répétée jusqu’à 1000 fois, alors que chez les individus sains cette séquence est répétée seulement environ 30 fois. Les chercheurs du FMI ont pu confirmer que, dû à cette répétition étendue, le gène ne peut être transcrit correctement. En particulier, ils ont été en mesure de démontrer que la transcription du gène en ARN messager (mARN) est bloquée lors de l’étape d’élongation. Cela entraîne une interruption prématurée de la transcription du gène et la protéine n’est pas synthétisée. Contrairement à l’opinion actuelle affirmant que la chromatine dense entraîne une inhibition du gène, les chercheurs ont prouvé que l’ADN répétitif constitue en soi un obstacle au mécanisme de transcription.
L’ataxie de Friedreich est une maladie héréditaire rare, touchant uniquement environ 4 personnes sur 100 000. Toutefois, il est fréquent qu’un mécanisme pathogène puisse être élucidé précisément dans le cas de maladies rares - comme Marc Bühler vient de le démontrer dans le cas de l’ataxie de Friedreich. Ces connaissances pourraient s’avérer très précieuses pour d’autres maladies plus fréquentes. Le développement d’un traitement pour l’ataxie de Friedreich, abordant le problème d’une transcription mARN incomplète, pourrait ainsi non seulement contribuer à guérir une maladie jusqu’à présent incurable, mais pourrait s’avérer utile pour d’autres maladies au mécanisme pathologique similaire.
Informations concernant le FMI
L’institut Friedrich Miescher de recherche biomédicale (FMI), situé à Bâle, en Suisse, est un centre de pointe pour la recherche fondamentale dans les sciences de la vie. Fondé en 1970 à la suite d’un effort commun de deux entreprises pharmaceutiques bâloises, il fait aujourd’hui partie de la Fondation Novartis pour la recherche. Le FMI s’engage dans la recherche fondamentale biomédicale. Ses principaux domaines d’expertise sont la neurobiologie, le contrôle de la croissance, y compris les voies de signalisation et l’épigénétique du développement des cellules souche et de la différentiation des cellules. L’institut emploie actuellement 320 collaborateurs. Le FMI propose également des formations dans le domaine de la recherche biomédicale aux étudiants PhD et post-doctoraux provenant du monde entier. En outre, le FMI est rattaché à l’Université de Bâle. Le professeur Susan Grasser dirige le FMI depuis 2004. Cette année, l’institut fêtera ses 40 ans.
Source
Lien vers l’article complet publié dans le journal EMBO Molecular Medecine
(*) Note de BabelFAmily: le gène défectueux responsable de l’ataxie de Friedreich a été identifié en 1996.
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